Cerfs sika devant une lanterne de pierre dans le parc de Nara à l'automne
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Nara : les cerfs et les temples


Par Rafael Gabriel | Voyages et Japon réel | Temps de lecture : 18 min

Nara, ancienne capitale du Japon

Nara se trouve dans la région du Kansai, coincée entre Kyoto (trois quarts d'heure en train) et Osaka (1 heure). C'est pas la ville la plus connue du Japon, et pourtant. Entre 710 et 784, c'était la capitale du pays, sous le nom de Heijo-kyo. Avant Kyoto, avant Tokyo. Et cette époque a laisse des trésors architecturaux qui tiennent debout 1 300 ans plus tard. Découvrez notre gamme de kimonos pour femme pour votre voyage.

Franchement, si Nara n'est pas sur votre itinéraire, il faut corriger ça. Imaginez : des cerfs qui viennent manger dans votre main, un bouddha géant en métal dans un temple en charpente gigantesque, des sanctuaires bordes de 3 000 lanternes, et un parc de 660 hectares ou tout ça cohabite. C'est moins fréquente que Kyoto, plus intime, et vous pouvez tout voir en une journée. L'excursion parfaite depuis les grandes villes du Kansai. Beaucoup de voyageurs zappent cette ville. Grosse erreur. On vous montre pourquoi.

Les cerfs de Nara

Cerfs sika en liberté sur une pelouse du parc de Nara sous les érables
Plus d'un millier de cerfs sika vivent en liberté dans le parc, considérés comme messagers divins.

Les cerfs sika sont l'attraction la plus célèbre de la ville. Plus de 1 200 cerfs sika vivent en liberté à proximité de Nara et ses environs. Ils sont considérés comme des messagers divins dans la tradition shintoiste japonaise.

La légende raconte que le dieu Takemikazuchi est arrive à Nara sur un cerf blanc. Depuis, les cerfs sont sacres et proteges. Pendant des siècles, tuer un cerf a Nara était passible de mort. Aujourd'hui, ils sont classes "trésor naturel" par le gouvernement japonais. Vous les trouverez partout dans l'enceinte de Nara : sur les pelouses, le long des allées, devant les temples, et même dans les rues de la ville. Ils sont habitues aux visiteurs et viennent vers vous sans crainte. D'ailleurs, vous pouvez acheter des "shika senbei" (biscuits pour cerfs) à 200 yens le paquet auprès des vendeurs des monuments. Les animaux connaissent le geste : des qu'ils voient le paquet, ils s'approchent et s'inclinent pour demander. Oui, ces animaux s'inclinent. C'est à la fois adorable et un peu intimidant quand ils sont cinq autour de vous.

Bon, quelques règles à respecter. Ne les nourrissez pas avec vos propres aliments (chocolat, pain, chips). Seuls les shika senbei sont adaptés. Ne les poursuivez pas, ne tirez pas leurs bois. Si un cerf baisse la tête et gratte le sol, éloignez-vous : c'est un signe d'agacement. En automne, les mâles sont plus nerveux à cause de la saison des amours. Avec un minimum de respect, l'expérience est magique. Bref, c'est l'un des moments forts de tout voyage au Japon. Les sika sont plus petits que les cerfs européens. En été, leur pelage est brun tacheté de blanc. En hiver, il vire au brun fonce. Les faons naissent en juin, et le parc ouvre un enclos spécial pour les mères et leurs petits. Si votre voyage tombe à cette période, ne ratez pas ça. Ils vivent en liberté dans le parc et les rues de Nara depuis des siècles. Ils sont environ 1 200 animaux recenses chaque année par la Nara Deer Préservation Foundation. C'est un lieu unique au Japon ou les animaux sauvages cohabitent avec les visiteurs dans un cadre urbain.

Todai-ji, le grand temple du bouddha

Façade monumentale en bois du temple Todai-ji vue depuis l'allée principale
Le Daibutsuden du Todai-ji reste l'une des plus grandes charpentes en bois au monde.

On ne va pas se mentir, ce temple est le monument qui vous restera en tête après votre visite de Nara. À l'intérieur, un bouddha en alliage de 15 mètres de haut. Le Daibutsu. Le plus grand assis en alliage sur terre. 500 tonnes.

La première fois que vous passez la porte du Daibutsu-den, vous allez lever la tête et rester plante la. Le bâtiment en bois est colossal. Et figurez-vous que cette version (reconstruite en 1709) est plus petite que l'originale du 8e siècle. Ça laisse rêveur. Le bouddha Vairocana mesure 15 mètres de haut et pèse environ 500 tonnes . Les visiteurs peuvent voir les détails de près : les boucles de cheveux, les mains en position de méditation, le lotus sous la statue. Un pilier en bois à l'arrière du temple possède un trou de la taille d'une narine du bouddha. La tradition dit que passer à travers porte bonheur. Les enfants et les adultes minces s'y essaient avec plus ou moins de succès.

Le Todai-ji est au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998. L'entrée ? 600 yens, soit 4 euros. Ça ouvre à 7h30 en été, 8h en hiver. Et ne partez pas sans monter au Nigatsu-do, un pavillon juste à cote. La vue panoramique sur la ville et le parc est renversante, surtout quand le soleil descend sur le Kansai.

Les temples et sanctuaires de Nara

Allée de lanternes de pierre moussues menant au sanctuaire Kasuga-taisha
Kasuga-taisha aligne près de trois mille lanternes de pierre et de bronze.

Nara compte 8 lieux classes au patrimoine mondial de l'UNESCO. Au-delà de ce monument, la ville abrite des temples et espaces sacres remarquables. Voici les plus importants à découvrir.

Site Type À voir Entrée
Todai-ji Temple sacre Grand bouddha en alliage 600 yens
Kofuku-ji Temple Pagode a 5 étagés, galerie des trésors 700 yens (galerie)
le sanctuaire Taisha Sanctuaire shintô 3 000 lanternes en pierre et métal Gratuit (500 yens sanctuaire intérieur)
Horyu-ji Temple ancien Plus ancien bâtiment existant 1 500 yens
Yakushi-ji Temple Pagode Est, trésors sacrées 1 100 yens
Toshodai-ji Temple Salle dorée, jardin zen 1 000 yens

Le Kofuku-ji est le premier temple que vous verrez en arrivant depuis la gare de Nara. Sa pagode a 5 étagés se reflete dans l'étang Sarusawa. La galerie des trésors nationaux du Kofuku-ji expose des statues sacrées du 8e siècle, dont la célèbre statue d'Ashura à six bras. Le Kasuga Taisha est un must. Fonde en 768, il est célèbre pour ses 3 000 lanternes qui bordent les allées dans la forêt. Deux fois par an, lors du festival Mantoro, toutes les lanternes sont allumées. Imaginez le spectacle. Le Kasuga Taisha se trouve au bout d'une allée bordée de grands arbres dans l'enceinte. Des cerfs se promènent entre les lanternes. C'est l'image du Japon que vous avez en tête. Le sanctuaire principal est peint en vermillon vif, un contraste saisissant avec la forêt verte tout autour. À l'intérieur, le pavillon Wakamiya mérite aussi une visite. Il accueille le festival Onmatsuri en décembre, l'un des plus anciens du Japon (fonde en 1136). D'ailleurs, le chemin qui mene au lieu sacre depuis les allées est une expérience en soi. une vingtaine de pas sous les grands arbres, avec des lanternes en pierre qui bordent l'allée et des sika qui traversent tranquillement votre route.

Le Horyu-ji est un peu excentre (20 minutes en train depuis la gare de Nara), mais c'est le plus ancien ensemble de bâtiments en charpente de la planète. Fonde en 607 par le prince Shotoku, ce temple est un trésor du patrimoine japonais. Si vous avez le temps, ne le ratez pas. Bon, le gros avantage de Nara par rapport aux grands sites : il y a du monde, mais pas la cohue. Vous visitez les temples à votre rythme, sans 50 perches à selfie dans le cadre. L'architecture de ces bâtiments sacres est un trésor de l'art japonais. Chaque temple est classe au patrimoine mondial de l'UNESCO, avec une histoire qui remonte à plus de 1 000 ans. La région compte au total 8 inscriptions au patrimoine mondial, ce qui en fait l'une des villes les plus riches du Japon en monuments historiques. D'ailleurs, c'est un conseil que tous les guides donnent : si vous ne pouvez faire qu'une seule excursion dans la région, choisissez Nara. Vous découvrirez des bâtiments uniques, une nature exceptionnelle et des animaux sacres en liberté, le tout dans un cadre accessible et paisible.

Le parc de Nara

Le parc de Nara (Nara Koen) est un espace vert de 660 hectares au coeur de la ville. C'est ici que vivent les cerfs et que se trouvent les principaux temples et sanctuaires.

Crée en 1880, c'est l'un des plus vieux espaces verts du Japon. Et il relie tout : le grand temple au nord, le grand sanctuaire à l'est, le Kofuku-ji à l'ouest. Vous n'avez qu'à marcher, les lieux viennent à vous. Entre les allées bordées d'arbres centenaires, les pelouses ou les sika se preleassent et les petits étangs, c'est un bonheur à chaque saison. Gratuit, ouvert 24h/24. Au printemps, les sakura explosent en même temps que dans les grandes villes. En automne, les érables passent au rouge et à l'or. Vous voyez, Nara joue dans la même ligue que sa voisine, mais avec la tranquillité en bonus. L'espace culturel national se trouve dans le parc (700 yens) avec des trésors sacres qui vaut le détour. Et en janvier, il se passe un truc dingue : le Wakakusa Yamayaki. On met le feu à toute une colline. La ville entière regarde les flammes depuis les hauteurs. Spectacle garanti. La nature dans l'espace vert est préservée : forêts de cèdres, collines boisées, jardins botaniques. Le Nara National Muséum se trouve aussi à proximité et expose des trésors sacres et de l'art religieux. C'est le lieu idéal pour découvrir l'histoire de l'architecture et de la sculpture japonaise. L'accès coûte 700 yens. Un savoir à retenir : chaque année, le musée organise l'exposition Shosoin, qui présente les trésors du trésor impérial (Shosoin) conserves depuis le 8e siècle. C'est l'un des événements culturels les plus importants du Japon.

Que manger à Nara

Nara a sa propre identité culinaire, moins connue que celle de Kyoto ou d'Osaka, mais tout aussi savoureuse. Voici les spécialités à goûter pendant votre visite de la ville.

Le kakinoha-zushi est le plat signature de Nara. Du poisson (maquereau ou saumon) presse sur du riz vinaigre, le tout enveloppe dans une feuille de kaki (plaqueminier). La feuille parfume le poisson et le conserve naturellement. C'est une pépite de la cuisine régionale que vous ne trouverez nulle part ailleurs au Japon. Gouttez aussi le miwa somen, des nouilles fines originaires de la ville de Sakurai, près de Nara. Servies froides en été avec une sauce tsuyu, c'est un repas léger et rafraîchissant après une journée de marche dans le parc. D'ailleurs, les restaurants près de la gare de Nara servent du narazuke, des légumes marines dans du saké kasu (lie de saké). Le goût est puissant, presque fromage, et ça divise. Mais les amateurs adorent. Pour le déjeuner, les rues entre la gare et le parc de Nara regorgent de petits restaurants japonais. Comptez 800 à 1 500 yens pour un set lunch. Les cafés de Naramachi proposent aussi du matcha et des pâtisseries japonaises (wagashi) dans un cadre charmant. Un conseil : évitez les restaurants colles aux sites touristiques du temple principal. Marchez un peu plus loin et vous trouverez mieux pour moins cher.

Naramachi, le quartier historique

Ruelle bordée de maisons machiya en bois dans le quartier de Naramachi
Naramachi conserve les maisons de marchands de l'époque Edo, converties en boutiques et cafés.

Naramachi est l'ancien quartier marchand de Nara, situe au sud du parc. Ses ruelles étroites bordées de maisons en bois du 17e au 19e siècle valent le détour après la visite des temples.

Ce quartier est un monde à part. Les machiya (maisons traditionnelles japonaises) ont été converties en boutiques d'artisans, en galeries, en cafés et en petits musées. Vous pouvez visiter le Naramachi Koshi-no-Ie, une maison restaurée qui montre comment vivaient les marchands de Nara à l'époque Edo. L'entrée est gratuite. Naramachi est aussi le lieu où vous trouverez les meilleurs souvenirs de la ville : céramiques, textiles teints à l'indigo, confiseries au cerf (les shika no fun, des petites boulettes de chocolat en forme de crottes de cerf, oui oui). Bon, on ne va pas se mentir, le quartier est petit et se parcourt en une heure. Mais l'ambiance y est différente du reste de Nara. Plus calme, plus intime. Les touristes passent souvent à cote parce qu'ils courent vers le grand temple. C'est dommage. Naramachi donne un aperçu de la vie quotidienne dans cette ancienne capitale, loin des grands temples et des biches affamées.

Guide pratique pour visiter Nara

Nara se découvre facilement en une journée depuis les villes voisines. Voici les informations pratiques pour organiser votre excursion.

Comment venir. Deux options depuis Kyoto : le JR Nara Line (trois quarts d'heure, couvert par le Japan Rail Pass) ou le Kintetsu (35 minutes, 1 160 yens, plus rapide). Depuis Osaka ? Le Kintetsu depuis Namba, 40 minutes, et ça vous depose plus près des sites que la gare JR. Concrètement, la gare Kintetsu est à quelques minutes à pied du Kofuku-ji. La JR, comptez 15 minutes de marche.

Quand y aller. Franchement, le printemps (cerisiers fin mars) et l'automne (érables mi-novembre) sont imbattables. L'été ? Chaud, humide, évitez août si vous le pouvez. L'hiver est froid mais calme, quasiment personne. Et le festival des lanternes du Kasuga Taisha, en février et en août, vaut le détour à lui seul.

Budget. Nara est accessible. Le trajet depuis Kyoto coûte entre 620 et 1 160 yens. Les entrées aux temples varient de 500 à 1 500 yens. Un déjeuner dans la ville coûte 800 à 1 500 yens. Comptez environ 4 000 à 6 000 yens pour une journée complète (30 à 40 euros). C'est l'une des visites les moins cheres depuis Kyoto ou Osaka. Quelques conseils pour l'accès : téléchargez une carte hors ligne de Nara sur Google Maps avant de partir, tout se fait à pied depuis la gare. Et n'oubliez pas que les jardins Isuien et Yoshiki-en (gratuit pour les visiteurs étrangers sur présentation du passeport) sont deux jardins japonais magnifiques à deux pas. L'architecture de ces jardins est un art en soi. Voir notre itinéraire de 2 semaines au Japon pour intégrer Nara dans votre voyage.

Itinéraire d'une journée a Nara

Sentier pavé du parc de Nara bordé de lanternes et d'arbres au petit matin
Une journée suffit à relier le parc, le Todai-ji et Naramachi à pied.

Voici un itinéraire optimise pour voir les sites essentiels de Nara en une journée. Départ le matin depuis Kyoto ou Osaka, retour en fin d'après-midi.

9h : Arrivée à la gare Kintetsu Nara. Marchez 5 min jusqu'au Kofuku-ji. Admirez la pagode et visitez le musée des trésors (45 minutes). 10h : Traversez le parc de Nara vers le Todai-ji. Profitez des cerfs en chemin, achetez des shika senbei. 10h30 : Visitez le Todai-ji et le grand bouddha (1 heure). Montez au Nigatsu-do pour la vue. 12h : Déjeuner dans les restaurants près du parc. Essayez le kakinoha-zushi, un mets de la région : du poisson presse sur du riz dans des feuilles de kaki. 13h30 : Marchez vers le grand sanctuaire à travers la forêt de lanternes (une demi-heure de marche dans le parc). 14h : Explorez le sanctuaire (45 minutes). 15h : Flandez dans le quartier Naramachi, l'ancien quartier marchand de la ville. Les machiya, les boutiques d'artisans et les cafés sont charmants. 16h30 : Retour à la gare pour le train vers Kyoto ou Osaka.

Cet itinéraire couvre l'essentiel sans se presser. Si vous avez plus de temps, ajoutez le Horyu-ji (demi-journée supplémentaire) ou le Isuien, un jardin japonais dans le quartier des temples.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour visiter Nara ?

Une journée suffit pour voir l'essentiel (Todai-ji, Kasuga Taisha, Kofuku-ji, parc de Nara). Si vous ajoutez le Horyu-ji, comptez un jour et demi.

Les cerfs sont-ils dangereux ?

Généralement non. Ils sont habitues aux humains. Mais en automne (saison des amours), les mâles peuvent être agressifs. Ne les provoquez pas et ne les nourrissez qu'avec des shika senbei.

Nara ou Kyoto, laquelle visiter ?

Les deux. Nara se visite en une journée depuis Kyoto. Kyoto est plus grande avec plus de temples, mais Nara offre une expérience unique avec les cerfs et le grand bouddha du Todai-ji.

Quel est le meilleur moment pour visiter Nara ?

Le printemps (cerisiers en fleurs) et l'automne (feuillages rouges) sont les saisons idéales. L'hiver est calme et agréable si vous évitez la foule.

Faut-il le Japan Rail Pass pour aller à Nara ?

Le JR Pass couvre le trajet Kyoto vers Nara en JR Nara Line. Si vous avez déjà le pass pour votre voyage au Japon, c'est le plus économique. Sinon, le Kintetsu est plus rapide et direct.

Et vous, avez-vous déjà croise les cerfs de Nara ? Racontez-nous votre expérience.

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Rafael Gabriel - Fondateur de Kimono Nation

À propos de l'auteur

Rafael Gabriel

Fondateur de Kimono Nation, Rafael est passionné par l'élégance et la culture japonaise. Il partage son expertise sur les tissus, les coupes et les codes du kimono pour vous aider à trouver la pièce qui vous ressemble.