Par Rafael Gabriel | Culture et histoire japonaise | Temps de lecture : 13 min
Le hakama est bien plus qu'un simple habit japonais. Cette pièce traditionnelle, portée depuis plus de 1500 ans au Japon, raconte l'histoire des guerriers, des nobles et des artistes martiaux. Avec ses plis charges de sens et sa silhouette ample et élégante, le hakama est un symbole de l'honneur japonais. Découvrez notre collection de pantalons japonais homme pour vivre un peu de cette tradition au quotidien.
L'origine du hakama : 1500 ans de tradition
Le hakama remonte à la période Kofun (250-538), quand il était déjà porté par les nobles du Japon. À l'origine, cette tenue large plissée était un vêtement de la cour impériale, réserve aux aristocrates et aux fonctionnaires. On le portait par-dessus, noue à la taille avec une ceinture (obi). C'est un vêtement qui a traverse les siècles sans perdre son élégance.
C'est durant la période Edo (1603-1868) que le hakama a pris sa forme actuelle. Ils le portaient au quotidien comme signe de leur rang. Un guerrier sans son hakama, c'était impensable. Le pantalon était muni d'un dosseret rigide (koshi ita) qui maintenait le dos droit et donnait une posture noble. Traditionnellement adopte par l'élite du Japon médiéval et notamment les guerriers, qui en avaient fait un élément central de leur équipement.
À la fin de l'ère Edo, avec la modernisation du Japon sous l'ère Meïji, le hakama a failli disparaître. Les Japonais ont adopte les vêtements occidentaux et le port du hakama est devenu moins courant dans la vie de tous les jours. Mais il a survécu grâce aux arts martiaux et aux cérémonies traditionnelles. Aujourd'hui, il est porté lors des grandes occasions (remise de diplômes, mariages, cérémonies du thé) et dans les dojos.
Les types de hakama

Il existe plusieurs types de hakama, chacun adapté à un usage précis. Voici les principaux.
| Type | Forme | Usage |
|---|---|---|
| À jambes séparées | Pantalon avec jambes séparées | Arts martiaux, équitation, vie quotidienne des guerriers |
| Sans séparation | Jupe sans séparation (comme une jupe longue) | Cérémonies, mode formelle, port féminin |
| Hakama de kendo | Indigo, taille renforcée | Kendo |
| Hakama d'aïkido | Polyester ou coton, noir ou bleu | Aïkido |
| Hakama de cérémonie | Soie ou tissu fin, motifs formels | Mariages, graduations, cérémonies |
Le umanori : le hakama a jambes
C'est le type de hakama le plus ancien. Ses deux parties séparées permettaient aux samouraïs de monter à cheval et de se déplacer librement au combat. C'est la forme utilisée dans les arts martiaux comme l'aïkido et l'iaido. Le tissu est généralement du coton ou du polyester, en bleu marine ou sombre. Ce hakama est large et tombe jusqu'aux chevilles, cachant les déplacements.
Le andon : le hakama en forme non séparée
Ce type n'a pas de séparation. Il ressemble à une longue robe plissée. Traditionnellement porté par les femmes et l'aristocratie de la cour, il est aujourd'hui utilise principalement pour les cérémonies. Son port est plus simple que celui du modèle a jambes, mais il ne convient pas à le combat. On choisit souvent un modèle rouge ou blanc lors des cérémonies de fin d'études.
Matières et couleurs du hakama
Le choix de la matière dépend de l'usage. Pour les disciplines, ce sont le naturel et le synthétique qui dominent. C'est la matière la plus traditionnelle, il absorbe la transpiration et se patine avec le temps. Le polyester est plus pratique pour l'entretien : il sèche vite et ne retrecit pas au lavage. Les hakama de cérémonie, eux, sont en soie ou avec des broderies.
La couleur du hakama a toujours eu une signification au Japon. Le sombre est le plus courant dans les dojos modernes. Le bleu marine (indigo) est traditionnel en kendo. Le blanc est réservé aux cérémonies et aux occasions solennelles. Le gris et le vert fonce se voient aussi dans certaines écoles. D'ailleurs, dans la période Edo, la couleur et les motifs du hakama indiquaient le clan et le rang social du porteur. Aujourd'hui, les règles sont moins strictes, mais le respect de la tradition reste important.
Les 7 plis du hakama et leur signification

Il possède sept plis (cinq devant, deux derrière) qui représentent les sept vertus du bushido, le code d'honneur du guerrier. Chaque pli a une signification precise.
- Jin (bienveillance) : la compassion envers les autres, une vertu centrale du samouraï
- Gi (justice) : agir avec droiture, sans compromis
- Rei (courtoisie) : le respect des règles et des personnes
- Chi (sagesse) : la capacité à voir au-delà des apparences
- Shin (sincérité) : être vrai dans ses paroles et ses actes
- Chu (loyauté) : la fidélité a son seigneur et à ses principes
- Ko (piété filiale) : le respect envers ses parents et ses ancêtres
Franchement, il y a quelque chose de beau dans l'idée qu'un simple pantalon plissé puisse porter autant de sens. Quand un pratiquant enfile son hakama, il ne met pas juste un habit : il porte sur lui un rappel des vertus qu'il doit incarner. C'est ça, l'esprit du hakama. D'ailleurs, dans de nombreux dojos, on ne porte cet honneur qu'après avoir atteint un certain grade, justement parce qu'il faut le mériter.
Le hakama des samouraïs

Pour les samouraïs, il était bien plus qu'un vêtement du quotidien. C'était une partie de leur armure sociale, un signe de leur statut dans la hiérarchie sociale. Un samouraï portait son hakama avec les deux sabres (katana et wakizashi) (katana et wakizashi) glisses dans la ceinture. La couleur indiquaient le clan et le rang du porteur.
En période de guerre, ils portaient un modèle court et renforcé sous leur armure. Le hakama blanc était réservé aux occasions solennelles et au seppuku (le suicide rituel). Le bleu fonce était la couleur du quotidien. Ceux de haut rang portaient des hakama en soie avec des broderies, tandis que les hommes de rang inférieur se contentaient de matières plus simples.
Le parcours du hakama est indissociable de celle de cette classe guerrière. C'est le pantalon qui représente le mieux la noblesse, le courage et l'honneur de ces hommes d'armes. Pour en savoir plus, explorez nos articles sur la culture nipponne.
Le hakama dans les arts martiaux modernes

Aujourd'hui, il est principalement porte dans les disciplines japonaises. Chaque discipline a ses propres règles concernant son port. La coupe se porte aussi en ville, comme sur le hakama hirono.
Le hakama en aïkido
En aïkido, il est porté à partir du grade de ceinture noire (1er dan) dans la plupart des écoles. Il est généralement noir ou bleu marine, en tissu technique ou naturel. Le fondateur de l'aïkido, Morihei Ueshiba, considérait le hakama comme un élément essentiel de la tenue. Il est utilise non seulement pour l'esthétique mais aussi pour cacher les mouvements de pieds du pratiquant, rendant les techniques plus difficiles à lire pour l'adversaire.
Le hakama en iaido et kendo
En iaido (l'art de dégainer le sabre) et en kendo (l'escrime japonaise), le hakama est porté des le début de la pratique. Pour cette discipline, il est en indigo épais. En iaido, il est souvent en polyester sombre. Les pratiquants de ces disciplines portent le hakama avec un gi (veste d'entraînement) et une ceinture. Celui d'iaido est plus long et plus ample pour permettre les grands gestes de coupe au sabre.
Comment porter le hakama
Enfiler un hakama demande un certain savoir-faire. Voici les grandes étapes pour enfiler correctement cette tenue.
Commencez par enfiler le hakama comme un pantalon large, en passant dans les ouvertures (pour le umanori). Placez la partie avant contre votre ventre. Les attaches avant se croisent dans le dos, passent autour de la taille et se nouent devant. Ensuite, le dosseret rigide (koshi ita) se plaque dans le dos. Les lanières arrière passent devant, se croisent et se nouent avec les attaches avant. Le tout doit être bien ajusté à la taille sans serrer.
Le hakama se porte traditionnellement avec un kimono ou un gi en dessous. Pour les hommes, les lanières avant sont croisées dans le dos puis ramenées devant. Celles de l'arrière font le chemin inverse. Le noeud final est un art en soi, avec plusieurs styles selon les écoles et les arts martiaux. Dans la vie de tous les jours au Japon, on peut voir le hakama lors des cérémonies de mai (Tango no Sekku, la fête des garçons) et lors des remises de diplômes universitaires.
Le pliage du hakama après l'entraînement est un rituel en soi. Il faut replier chaque pli soigneusement, puis plier le hakama en trois. Dans les dojos, ce pliage se fait avec respect et attention, car le hakama porte les vertus du bushido. Bon, ça parait difficile au début, mais avec la pratique, ça devient naturel. Notre collection de pantalons japonais propose des modèles modernes inspires du hakama traditionnel, adaptés à la vie de tous les jours.Pour ceux qui se demandent comment choisir entre les différents modèles, tout dépend de votre objectif. Si vous cherchez un modèle pour la pratique dans un dojo, privilégiez un modèle a jambes dans une matière résistante. Si c'est pour un événement ou pour le plaisir d'une pièce d'exception, orientez-vous vers un modèle de cérémonie en soie ou en matière noble. Dans tous les cas, la taille doit être ajustée : trop court, il perd son élégance ; trop long, il gêne les mouvements.
Le hakama est aussi devenu un élément de mode en dehors des dojos. Des créateurs comme Issey Miyake et Yohji Yamamoto ont intégré la silhouette plissée du hakama dans leurs collections. On retrouve cette inspiration dans le streetwear japonais et même dans la mode occidentale. C'est la preuve que ce vêtement millénaire n'a rien perdu de son pouvoir d'attraction. À Paris, New York ou Berlin, la silhouette ample et fluide du hakama continue d'inspirer.
Questions fréquentes
Les femmes peuvent-elles porter le hakama ?
Absolument. Les femmes portent le hakama depuis des siècles au Japon, notamment le hakama andon lors des cérémonies. En arts martiaux, femmes et hommes utilisent le même modèle sans distinction. C'est une tenue unisexe par excellence.
Quelle est la différence entre le hakama et le kimono ?
C'est une robe croisée. Le hakama est un habit large plissé à sept plis que l'on porté par-dessus, noue à la taille. Les deux se complètent dans la tenue traditionnelle japonaise.
Combien coûte un hakama de qualité ?
Un hakama d'entraînement coûte entre 40 et 80 euros. Un modèle plus noble pour l'entraînement va de 80 à 200 euros. Les hakama de cérémonie en soie peuvent dépasser 500 euros. Le prix varie selon le tissu, l'origine et la finition.
Pourquoi le hakama a-t-il des plis ?
Les sept plis du hakama représentent les sept vertus du bushido : bienveillance, justice, courtoisie, sagesse, sincérité, loyauté et piété filiale. Chaque pli est un rappel de ces valeurs.
Le hakama chez Kimono Nation
C'est l'un des habits les plus charges d'histoire et de sens. Chez Kimono Nation, nous partageons cette passion pour la culture et les traditions nipponnes. Explorez notre collection de pantalons japonais homme et nos articles sur le Japon.
Au-delà du Japon, le hakama a inspire des créateurs de mode du monde entier. On retrouve sa silhouette dans des collections haute couture à Paris et Milan. Cette influence montre à quel point ce vêtement traverse les époques et les frontières. Bref, que vous soyez passionne d'histoire, amateur de mode ou pratiquant dans un dojo, le hakama a quelque chose a vous offrir.
Quel style de hakama vous attire le plus ?

0 commentaire